LECTURE au Grand Parquet dimanche 5 juin à 17h30 dans le cadre du Festival « Hauts parleurs »

Restitution de la résidence à Calais et Grande Synthe de La Brigade d’auteures, un collectif  ouvert, au service des nouveaux arrivants et des citoyens mobilisés.

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Nous prenons le parti de créer à partir de nos gestes et nos outils distincts afin de les mettre en commun, constituer une matière à partir de laquelle nous échangeons et imaginons des développements. La brigade se met au service des nouveaux arrivants et des citoyens mobilisés à leurs côtés. Mardi 2 juin, l’invitation du festival « Hauts Parleurs » pour intervenir le 5 juin au Grand Parquet, en pleine crise du campement d’Eole, en est un exemple :

 

Nous ne faisons plus partie du même pays, nous ne partageons plus les mêmes valeurs. Je ne veux plus être française avec eux, je ne veux plus être française comme eux. Je suis française, mais sans eux parce que ma france, mon enfance, ma famille, mes pensées, mon système de pensées, mon éducation, tout ça fait ma france. Alors pourquoi aujourd’hui je suis tant en contradiction avec mon pays ?

Entre lui et moi, une rupture vécue comme un chagrin d’amour.

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tu es large
de poitrine et de joues comme un guerrier antique.quand tu étreins, tu étreins.
tu comptes les jours stériles à ta révolte.
tu es miel, cuivre, élan, tristesse.ton sourire et tes bras
rendent grâce
à quelque chose
qui existe encore.tu frappes à coups redoublés sur la porte, qui résonne.
… au frère qui n’est pas mon frère
Abdelmounim, pas vu depuis quatre semaines.////////Comment t’enarbrer de ma peau et que plus jamais tu n’aies mal?Super woman qui se serait écrasée.Je suis le sel sur une plaie vive.

Tes yeux hurlent : que me fais-tu?

Et moi impuissante et honteuse, je tente de passer.

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L’état remercie tous les citoyens qui bénévolement prennent sa place aux côtés des réfugiés.

La France l’enfile !

 

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Dans quelle mesure ?

Dans quelle mesure devons nous mesurer ?

Dans quelle mesure sommes nous semblables ?

Dans quelle mesure pouvons nous faire quelque chose ?

Dans quelle mesure écrire pour eux permettrait il de trouver un chemin ?

Dans quelle mesure les cornes de gazelles ?

Dans quelle mesure pourras tu m’aimer après ?

Dans quelle mesure pourras tu m’aimer après avoir tant dormi sous mes fenêtres ?

Dans quelle mesure pourras tu me sourire après avoir passé tant de temps sur le trottoir ?

Dans quelle mesure pourras tu un jour connaitre l’insoutenable légèreté de l’être ?

Dans quelle mesure auras tu envie d’aimer la terre de mon enfance ?

Dans quelle mesure la mesure ?

DQM, dans quelle merde sommes nous ?

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Si tu es là je mesure, je calcule, je vois le vide, le plein, le bitume souillé qui mouille mes yeux.

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Au secours !

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Il pleut que mon coeur

Des migrants sur Paris

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Au secours !

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Faire voyager sa peau sur ses os

Aller camper dans la misère des riches

15 ans, un mauvais blouson, une gueule d’ange, il est allé loin

Toi intrus, moi autochtone

Toi partir, moi rester

Toi sous les bombes, moi sous la dette

Il n’y a plus de place dans mon radeau

Apprends moi à me délester

Sois fier de ce sourire que l’exil n’efface pas

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LA FRITERIE DES NATIONS ou la loterie des ratios.

Quand les nations se frittent dans l’illusion d’une guerre bien grasse délaissant à volonté un ennemi qu’elles s’inventent : l’isolé, le migrant, le stagnant plutôt

les femmes, les hommes et les enfants d’abord

errer sans toits ni lois, mis à part celle que de devoir rester là :

C’est ne pas tendre l’oreille aux murmures de la mer et aux cris révoltés de ceux qui y sont restés.

Et si les vagues bleues marines doivent y déferler, alors je crois bien qu’on y enseignera le surf.

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La France est envahie. Il est urgent de renvoyer chez eux l’uranium, le café, le cacao, le coltan, la banane, le…. La….. le …. la……

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LA JUNGLE,prononcez j’en gueule.

JE REVIENS DUN AILLEURS

Mais si l’on considère que la France c’est ici alors je reviens d’un ici rempli d’aberrations.

C’est un nouveau parti la berration?

Libération : On y voit tout autour les méprisantes BARRIÈRES DE LUXE

qui affirment l’engagement d’un accord soudain entre les 2 vautours.

Les voilà qui s’érigent découpant de leurs barbes laides paysages et humains, afin de favoriser l’action de lutte contre ces flux d’immigration illégaux.

Et tout autour on aperçoit l’ombre de ces hommes assignés à assigner.

Ils guettent, surveillent, gazent et immobilisent le moindre battement que provoque ce risque fou qu’est devenue la traversée.

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COMMENT APPELLE T-ON UN MIGRANT QUI NA PAS LE DROIT DE MIGRER ?

Puis on attend la chute … et comme une mauvaise blague : Y’en a pas. Ils sont là, las d’attendre :

Plus l’choix.

Cet ailleurs, c’est la JUNGLE

C’est un lieu de passage ? Non : c’est un barrage.

Une ville, un refuge, un abris ? Non : Un bidonville sur une décharge.

La Jungle se trouve sur le chemin des Dunes, qui n’a de joli plus que le nom.

Nommez le plutôt le chemin des cynismes car s’y arrêter en voiture est un délit qu’il faut désormais payer 35€.

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SOUS LES TENTES, DES HOMMES.

Chaque nuit, chaque jour, ils arrivent par petits nombres de Syrie, d’Afghanistan, d’Iraq, d’Erythrée ou du Soudan, d’Iran, d’Egypte ou encore de Tunisie.

Dans la jungle, je sens le vent froid du nord et le souffle chaud.

Qu’il est difficile de compter l’à peu près, de 5000 respirations, dit-on.

Le centre Jules Ferry, le seul espace géré par l’État est un ancien centre de loisir amianté, où les bunkers sont encore plantés ici et là.

Les milliers d’hommes se rangent en ligne : c’est l’heure de la distribution entre quatorze et dix-huit.

« Un peu moins grosse la louche de semoule, y’en aura pas pour le monde. »

Sont distribués 2600 repas chauds par jour.

Qu’il est difficile de compter l’à peu près, pour 5000 estomacs, dit-on.

Des routes ? De temps en temps. Et sinon : la boue.

Les points d’eau potables et les quelques toilettes sont posées ici et là. Il faut chercher les moins pires ou penser à se résigner.

Il est prévu 600 douches par jour.

Pour 5000 corps, dit-on.

Le bruit de la jungle ressemble à celui d’un bourdonnement constant,

un peu comme celui des générateurs d’électricité qui permettent d’alimenter le camion aux prises multiples pour recharger les téléphones et la petite lumière du magasin et la boule à facettes du café et les plaques et la télé du restaurant et les enceintes et les ordinateurs du théâtre et résonne dans la jungle qui parle et chante et joue et crie et crise pour oublier le bruit sourd de la vie .

De 5000 coeurs, dit-on

Malgré tout, le camp mute et se transforme au fil des jours et de l’eau qui s’infiltre dans les tentes.

Les coins se forment et se déforment. C’est un sacré noeud qu’on me dit et le temps que ça prend pour trouver le bon bout.

Qu’il est difficile de compter l’à peu près, il y aurait 5000 personnes dit-on.

J’ai croisé dans la Jungle, des centaines de sourires et des « Hellos ! how are you ? »

I’m good and … you ?

J’ai croisé dans la Jungle deux fois, cet homme souriant, l’inconnu de grande taille aux yeux clairs : Ahmed me tend la main : il m’a reconnu.

Pas moi, je m’en serai souvenu.

Il me dit qu’il m’a vu plusieurs fois à Paris, traverser les étales du marché d’Aligre.

Il vient d’arriver à Calais, il ne sait pas où il va, mais il sait pourquoi il est là.

De toute façon, ici savoir ne suffit pas, et aller est censuré alors, en attendant, il l’espère : LASILE.

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LIQUID GOLD OÙ COMMENT RÉCHAUFFER SON ÂME.

Il y a aussi ces Calaisiens impuissants mais pas en colères, ces associations et ces volontaires qui déploient une énergie surhumaine à rendre plus vivable la situation.

Ils viennent d’Angleterre pour beaucoup, de Belgique ou d’ici pour certains, encore d’ Ecosse ou d’Amérique, pour remplacer, petit à petit, les tentes fragiles par des abris de bois, pour distribuer chaque jour, vêtements chauds et portions de repas, pour informer, soigner ou rafistoler ces petits bouts d’trucs et les assembler ensemble.

En étant sur tout, en étant vraiment là, en enjambant les déchets et les obstacles politiques, ils tâtent chaque jour le pouls de l’espoir et prennent le temps d’être des Hommes parmi les Hommes.

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Les yeux plein de brume, j’étouffe de tout mon moi

Moi. L’autre.

L’autre que l’on arrive pas à accueillir

L’autre qui renvois à moi

Moi dans l’autre, on se fond

Partout des bicoques, des tentes, des baraquements, des trucs qui ont tellement de formes qu’elles ne peuvent pas porter le même nom. D’ailleurs, quand on parle de migrants, de qui parle-t-on ?

Il y en a de toutes les couleurs, de toutes les inspirations, avec des fenêtres ou sans, ou peu

Avec des portes, en bois, solides, en tissus, en tapis, en bâches; en tout ce qu’on peut. En ce qu’on peut.

Partout des hommes.

Des hommes qui regardent, qui cherchent. Qui cherchent un appui du regard.

Qui cherchent un regard, que je me trouve bête à ne pas savoir comment leur offrir.

Je me trouve bête. Embêtée.

Je cache mes cheveux bonds sous mon bonnet. Je cache mes cheveux sous mon bonnet et ma capuche, double sécurité. Ne pas se faire repérer; et en même temps je porte un pantalon orange; contradiction

Ici des ronces, des orties qui piquent les mollets et des détritus partout qui jonchent le sol.

Des détritus qui rappèlent cette ancienne déchetterie qui se trouvait à l’endroit où nous sommes.

Sur les déchets, avec les déchets, accueillis comme des déchets.

Mais le monde s’organise.

Une fois le regard trouvé, posé, quand la gène ne me fais plus baisser les yeux; Quand la honte de mes cheveux, de ma nationalité, de mon pays. Quand toute cette culpabilité réussie à être levée par un « bonjours qu’est ce que tu fais ? » « hello, chat are you doing ? how are you ? » tout ça s’efface, on s’accueille.

On s’accueille ensemble. On se trouve, à ce moment là. On se rencontre et tout redeviens simple. On se trouve à ce moment là simplement sans se demander à quelle place on doit se trouver.

New Kabul Restaurant – La nourriture est bonne; « it’s very good, thank you! »

La nourriture est vraiment bonne. Ici on mange pour 3 euros 50.

Comme ça, derrière la vitre, les plats de beans, meat ou spinach ont l’air de sécher de leur stagnation.

Une fois réchauffés, une fois les nans fumant arrivés sur la table, une fois accompagné d’un tchai, d’un sourire, et d’un « bon appétit », tout ça est succulent.

Je goûte l’ailleurs. Je goûte des choses qui me brûlent un peu la langue et les papilles, mais ça me réchauffe. Les épices ça réchauffe, alors qu’ici à Calais il fait froid, il y a du vent.

Ici à Calais il y a du sable, de la boue.

L’humidité s’infiltre dans les vêtements, les chaussures, même quand la pluie ne s’invite pas. Ici où rien ne sèche … il y a la vie, il y a ces tentes et toutes ces singularités.

« Madame tu es belle »…….comment l’entendre ? simplement peut être. Tout simplement. Pourquoi tout devrait être si compliqué ?

Empathie, je tends mes bras. J’accueille le poids, il ne m’est même pas destiné mais je le prends, par solidarité. J’ai envie de le prendre, même si je ne sais pas vraiment si j’en ai les épaules. J’ai envie de le prendre parce que je fais partie de l’humanité. J’ai envie de la prendre pour signifier, pour excuser l’inexcusable de l’état. Non, ne l’excusez pas.

Je m’excuse d’avoir voté il y a 4 ans. Je m’excuse d’avoir eu tellement d’espoir et de joie à ce moment là.

Je m’excuse parce que c’est un peu à cause de moi même si c’est surtout leur faute. A eux en haut, les gouverneurs, les puissants, le gouvernement, les gouvernements. Politiques.

Les hommes aveugles. Les hommes sans sentiments ? Je crois que je n’en ai pas assez rencontré pour pouvoir comprendre.

Je ne sais pas si c’est pour eux ou pour moi qu’il vaut mieux qu’on ne se rencontre jamais. Parce que nous ne sommes pas français de la même manière, nous ne sommes pas citoyens de la même manière.

Ma france…. L’autre france, celle des médias, du capitalisme, de la sécurité, je te vomi, je me mouche sur toi, je te pisse dessus.

La france, ma france, notre france, travaillons à la construire.

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Je ne veux pas d’une Europe funeste.

Je ne veux plus voir les citoyens s’épuiser à la tâche du fait de gouvernements inconséquents.

Je ne veux plus perdre de temps.

Je veux des frontières ouvertes et je veux que mon pays apprenne à recevoir ces femmes, ces enfants et ces hommes qui viendront dorénavant chaque jour plus nombreux.

Je ne peux plus rester muette face au pourrissement de la situation.

En attendant, je peux partager mon repas, ma salle de bain, proposer un lit, du temps, des jeux, des chants.

Je peux ainsi m’émerveiller d’être ensemble, d’entendre nos différences.

Je peux prendre le temps d’être accueillie par ceux, en exil, qui échouent chez nous.

Je peux sentir les passages, les échecs, les larmes, l’espoir, l’obstination tendue vers un ailleurs. Nos soucis citoyens à l’égard de nos gouvernements ne sont évidemment pas un sujet pour eux.

Je peux aller à la rencontre sur les camps et me retrouver en voyage, au Kurdistan précisément, accueillie par ceux-là même qui s’exilent ici.

Oui ! Sur un campement, je peux être accueillie chez ceux qui ne sont pas d’ici – malvenus – et qui ont cette ressource immense de m’accueillir encore.

Je peux demander aux nouveaux arrivants ce qui leur plait en France et c’est les villes, propres et belles, les parcs luxuriants, les plages et les filles d’ici, si grandes et ouvertes aux autres.

Je pourrais m’échouer avec eux par solidarité, par impuissance face aux politiques.

Mais je préfère me hisser et comme eux, me tenir debout, confiante dans ma capacité d’embrasser l’urgence. La nécessité.

Je peux marcher sur le campement sud de Calais et éprouver la nausée en arpentant la terre rasée. Plus rien que ces restes d’histoires arrachées au sol ; petits objets plantés dans le sable à chaque endroit. Mon plexus sort devant, lourd, arraché.

Et je pourrais vomir en mettant les pieds sur ce sol sinistré. Je marche sur le désastre à cet instant précis : l’échec de l’humain ; eux et nous.

Je peux constater l’échec en dépit des milliers de volontés fortes et radieuses ; de leur côté comme du nôtre.

Je peux m’arrêter, respirer, être calme… au moins un instant. Tourner cet état vers la liberté ; mon désir de liberté pour eux, pour ne pas entraver leurs innombrables chemins.

Je peux voir la beauté dans la catastrophe.

Je peux ouvrir les bras, crier aux falaises d’en face, à la mer, prendre la force du vent, me mêler à tout pour favoriser la traversée des corps.

Je peux organiser un pont humain entre Calais et Douvres constitué de bateaux arrimés bout à bout.

Je peux détourner un ferry, y faire monter le monde. Rendre la vie à la vie.

Je peux mettre au point une capsule sous-marine mono-place qui pourrait se ventouser à la coque des bateaux qui partent pour l’Angleterre.

Je peux crier sur la grève, dans la nuit ou les institutions ; partout crier mon refus.

Je peux avoir peur d’être étrangère dans mon propre pays… moralement parlant.

Je peux écrire contre la France qui glisse, contre la France qui demande un passeport pour accéder à la piscine, à l’hôtel, à la médiathèque ; et écrire encore contre celles et ceux qui ne désobéissent pas aux directives.

Je peux voir les nœuds putrides dans l’esprit de certain.

Je peux voir la peur chez l’autre qui n’est autre qu’une fiction dont il se comble pour se sentir vivant.

« SDF go home ! », «  Oui ! Oui ! Oui ! A l’islamophobie ! », «  TF1 sur toutes les châines ! », « More borders ! », « Moins de protection et plus de répression ! », « Eteignez les lumières », « Touche pas à mes frontières ! », « Haïe ton prochain comme toi même », « Xénophobie, debout ! » « Humaniste, t’es foutu, les fachos sont dans la rue », … Je peux inverser les slogans pour réveler notre chute.

Je peux travailler sur la colère, tenter de ne pas la laisser pénétrer, ne plus la ressentir et cependant agir.

Je peux exiger de l’Europe une véritable politique de développement à l’endroit de ces pays dit « pauvres ».

Je peux organiser une grève générale des impôts tans que mon pays ne cesse de placer ses armes ailleurs, alors qu’il n’est pas attaqué.

Je peux appeler à la grève générale des loyers tant que nos villes ne mettent à disposition des bénévoles et des nouveaux arrivants les locaux vacants dont elles disposent.

Je peux demander à mon armée de lever à Paris un camp à la hauteur de celui de Grande Synthe. Un campement digne pour eux et pour nous.

Je peux fondre le eux dans le nous.

Aussi, je peux m’étonner moi-même et me déplacer.

Je peux me ressaisir d’une forme de FIERTE et ne plus LA laisser rancir dans la bouche des autres, ceux de l’autoproclamée « France apaisée » afin de déclarer :

Je suis française !… Je suis française !

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Dans quelle mesure mes actions peuvent aider les kurdes, les afghans, les soudanais, les pakistanais, les éthiopiens, les erythréens, les syriens, les français

Dans quelle mesure ça ronge ma confiance dans l’humanité

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La Brigade d’auteures était invitée vendredi à provoquer un atelier d’écriture sur le campement d’Eole et à en donner une restitution dimanche au Grand Parquet au Festival « Hauts Parleurs » / Antoine Chao de France Inter était là ! C’est à la 37e minute de l’émission Radio Debout du 96mars… N’hésitez pas à écouter l’ensemble !

 

 

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Textes de :
Gustave Akapo – Adeline Piketty – Lise Martin – Maëlle Bertrand – Marina Damestoy – Marion Augusto – Sylvie Gravgna – Cathrine Daele – Claire Barrabes – Chloé Lavalette
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