fanzine PARTOUT

C’est une fabrique de fanzines relatant la migration sous forme d’objets éditoriaux simples, bon marché et transportables. L’idée est de réaliser ces ouvrages à beaucoup de mains, ces mains justement, qui viennent d’ailleurs et qui ont tant à raconter. Ces publications populaires restituent les rencontres parisiennes entre les membres de l’association Épitome et les personnes réfugiées.

Il s’agit de transmettre une vision singulière de ce phénomène à travers le regard d’enfants d’ailleurs, de plasticiennes d’ici et de véhiculer leurs histoires personnelles pour tenter d’affiner nos connaissances… en contre des généralités couramment véhiculées par les médias. Mais qui sont ces migrants ? Ici, dans « FANZINE PARTOUT« , ils s’incarnent par leurs singularités.

Pour ce faire, nous nous rendons sur les campements, centres d’hébergements, hôtels sociaux pour organiser des ateliers de rencontre et de dessin avec les nouveaux arrivants. Au cours de ces rendez-vous, les langues se délient, les feutres et les plumes délivrent l’expression en français, anglais, dàri, pachto, arabe…. les amitiés se nouent.

 

Épitome

Maëlle

// Réfléchir par le dessinicare2016nobodyheroesarmycitoyennetébrigadelautrereflexionsurletravail.jpgrepubliquedeflicsalamaëlledessin

// Composition dessinée et texte issus de ma rencontre avec Alam. 

Impuissance, voudrait on nous faire croire. Par la honte ou pour la révolte, j’ai décidé d’en sortir.

Singa night, les musiques s’enchaînent et l’ambiance est à la fête. Je trouve quelque chose de bien plus léger que ce que j’avais imaginé. Tant mieux.

Après une bière ou deux, j’oublie mon épuisement de la semaine. Et puis tous ces gens contents d’être là, forcément ça me donne la frite. Impossible de ne pas aller danser, j’abandonne ma contenance de spectatrice et descends dans la fosse.

Assez vite je sens une présence à ma droite. Je danse encore un peu.

Toujours là.

Je tourne la tête et nous tombons dans les yeux l’un de l’autre, on se sourit. Il s’appelle Alam.

Une première idée débile me vient en tête; je m’appelle Maëlle et certains me surnomment Mal. Mal + Alam = Mal à l’âme.

Je quitte rapidement ce petit jeu auquel je me prête souvent silencieusement en me disant merde, fuck off pathos, et reviens à mon interlocuteur.

Nous échangeons quelques mots sur la soirée. Il me dit être venu tout seul.

Je n’ose pas lui demander d’où il vient mais il brise ma glace en posant la question en premier. « Je suis française, et toi ? » Il vient du Soudan. « Zut, c’est où sur une carte ? j’irai regarder en rentrant chez moi ».

// Variations à partir de dessins réalisés lors de l’atelier initié par DessinDebout sur le camp de Stalingrad

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